L'infanterie formait l'épine dorsale de toutes les armées durant les guerres napoléoniennes, mais aucune armée ne dépendait autant de son humble soldat d'infanterie de première ligne que celle de la Russie impériale. Braves, têtus et résilients, ils devaient faire face à des conditions de vie misérables, à des approvisionnements encore pires et à un encadrement d'officiers majoritairement incompétents. Chaque fois que des observateurs occidentaux passaient du temps avec l'armée russe, ils étaient constamment stupéfaits par la ténacité et la bonne humeur du fantassin russe moyen face à l'adversité. Plusieurs milliers d'hommes ont été acheminés par la machine de guerre impériale pour se rendre sur les champs de bataille d'Europe, défiant Napoléon. Souvent, ils subissaient des punitions terribles, mais rarement ils fléchissaient. Les officiers français étaient impressionnés par leur capacité à résister aux tirs d'artillerie, aux charges de cavalerie et aux célèbres colonnes d'attaque françaises. On disait que ce n'est qu'en les baïonnetant que l'on pouvait être sûr d'avoir affaire à de simples hommes. Les Russes semblaient utiliser la baïonnette plus souvent que tout autr